20/01/2023

MCMLXXXIII

Il y a huit lustres, les goths étaient légion.


L'hiver 1982-83 marqua un certain déclin de la new pop et l'émergence du goth. Comme en témoignent l'intérêt de la presse et le succès des soirées de The Batcave qui s'exportèrent dans tout le UK, et même jusqu'à New York.


Ou encore la sortie d'une compilation liée au club :


Alors que les précurseurs postpunk étaient devenus des popstars, les punks positifs et autres pionniers goths cultivèrent cet underground palpitant pour encore quelques années.











C'est aussi cette année là que David Dorrell (NME) a commencé à diffuser l'étiquette « goth », venant de Ian Astbury et Andi Sex Gang, pour désigner la tendance et les fans. (Cf. Origins of the term "Goth" de Pete Scathe).

14/09/2022

Héxagonalement froid (2/2)

Suite et fin de la note sur la tendance la plus populaire chez les corbeaux.


A côté du crypto-goth, la scène froide inclut une darkwave en nuances de gris, dans la continuité du postpunk kraftwerkien.

Comme le rappelle Jean-François Sanz (2008), toute une partie de la jeunesse française en quête d'identité se reconnut dans les textes sombres, la musique synthétique froide et l'attitude désinvolte de certains « jeunes gens modernes ». 

Ainsi certaines formations choisirent de distiller leur mal de vivre à l'aide de sonorités tirées essentiellement de synthétiseurs et de boites-à-rythmes, sans pour autant adhérer à une esthétique futuriste (Carnets Noirs, Acte II, 2006). Entre rigueur et romantisme, s'éloignant de l'electronica novö et de la synthpop.








Evidemment la frontière entre la tendance et ses voisines, dont le post-indus et l'EBM, est évidemment très poreuse.


La fin de la décennie vit apparaître un style toujours frisquet mais plus mélodique : la touching pop.


Héxagonalement goth (1/2)

Note en deux parties sur le cœur historique des musiques sombres de ce côté de la Manche.


La grand famille musicale la plus populaire fut plus communément nommée « cold wave ». 

D'après les Carnets Noirs, Acte II (2006), le terme est associé à une new wave froide et intellectuelle en opposition à une new wave commerciale et facile. Et la scène française et francophone fut non seulement très importante mais aussi très riche (...) particulièrement inventive, littéraire et audacieusement folle (sic).

En y regardant de plus près, cela recouvre un grand fourre-tout gothique, électrique et synthétique, avec quelques groupes en imperméables et beaucoup avec une parenté musicale claire avec le positive punk et le goth.

A part quelques exceptions se réclamant du glam-punk de la Batcave et du death rock, peu de formations se présentaient lookés. Ces dernières, qui témoigneraient d'une sensibilité typiquement française qui pousse à préférer les choses plus sophistiquées et liées à plusieurs domaines artistiques (sic) eurent le droit d'être qualifiées de « gothiques ».

La scène froide s'est évidemment construite comme une reformulation romantique et culturelle du punk. Les « jeunes barbares cultivés » succédèrent alors aux « jeunes gens modernes », comme une alternative à la new wave, au postpunk et à la new pop.











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